La parabole du riche et de Lazare – Luc 16, 10-31

Luc 16, 10-31    
Il y avait un homme riche qui s’habillait des vêtements les plus fins et les plus coûteux et qui, chaque jour, vivait dans le luxe en faisant de bons repas. Devant la porte de sa maison était couché un pauvre appelé Lazare. Son corps était couvert de plaies. Il aurait bien voulu se nourrir des morceaux qui tombaient de la table du riche. De plus, les chiens venaient lécher ses plaies. Le pauvre mourut et les anges le portèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi et on l’enterra. Il souffrait cruellement dans le monde des morts ; il leva les yeux et vit de loin Abraham, et Lazare à côté de lui. Alors il s’écria : “Père Abraham, prends pitié de moi ! Envoie donc Lazare tremper le bout de son doigt dans de l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre horriblement dans ce feu.” Mais Abraham dit : “Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu beaucoup de bonheurs pendant ta vie, tandis que Lazare a eu beaucoup de malheurs. Maintenant, il reçoit ici sa consolation, tandis que toi tu souffres. De plus, il y a un profond abîme entre vous et nous ; ainsi, ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ne le peuvent pas et l’on ne peut pas non plus parvenir jusqu’à nous de là où tu es.” Le riche dit : “Je t’en prie, père, envoie donc Lazare dans la maison de mon père, où j’ai cinq frères. Qu’il aille les avertir, afin qu’ils ne viennent pas eux aussi dans ce lieu de souffrances.” Abraham répondit : “Tes frères ont Moïse et les Prophètes pour les avertir : qu’ils les écoutent !” Le riche dit : “Cela ne suffit pas, père Abraham. Mais si quelqu’un revient de chez les morts et va les trouver, alors ils changeront de vie.” Mais Abraham lui dit : “S’ils ne veulent pas écouter Moïse et les Prophètes, ils ne se laisseront pas persuader, même si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts.” »

Ce récit fait penser à ces légendes, qui commencent par : “ il était une fois”.. dans celle qui est comptée ici, il s’agit de deux hommes : l’un était riche, l’autre était pauvre. Le riche était vêtu de beaux vêtements, très chers et il faisait la fête tous les jours. Le pauvre était couvert d’ulcères et il était couché devant la porte du riche. Il n’avait comme compagnon que quelques chiens, qui lui léchaient ses plaies. Un jour, le pauvre meurt. Le riche aussi. Le riche eu un bel enterrement, une foule recueillie, les condoléances aux cinq frères et des fleurs. Le pauvre fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Ainsi se termine deux vies sur cette terre, celle d’un riche et celle d’un pauvre. Avant de poursuivre, il faut nous rappeler que c’est Jésus qui parle. Il est donc beaucoup plus juste de parler de “parabole”, par laquelle Jésus veut nous faire comprendre, par des images simples, qui est Dieu et quel est son histoire avec nous, les hommes. Notre première réaction et peut-être de dire : cette fois-ci la parabole est clair et simple, les riches vont en enfer et les pauvres au paradis. Mais vous pensez bien, c’est trop simple ! Dans les paraboles, Jésus utilise un langage caché qu’il faut essayer d’interpréter. Alors, que veut-il nous dire. Relevons tout d’abord la présentation des deux hommes. Tout est dit en quelques mots au sujet du premier : nous savons qu’il est riche et qu’il consacre toute sa vie à faire la fête. Personne ne dit qu’il est mauvais, ni méchant. Personne ne dit qu’il a mauvaise réputation et que son casier judiciaire est chargé. En ce qui concerne le pauvre, nous remarquons tout de suite une différence de taille. Ce pauvre a un nom. Il s’appelle Lazare. Lazare signifie : “Dieu est mon secours”. Une allusion discrète à la compréhension du texte. Toute l’histoire de Lazare se résume à travers son nom. Il ne peut pas vivre seul, il a besoin des autres, il a besoin de Dieu. Jésus n’a pas donné de nom au riche. Il s’en est d’ailleurs privé lui-même, puisque à travers la futilité de son existence, il a perdu ses vraies raison de vivre. Il a donc perdu son nom. Il n’avait plus qu’un surnom : “le riche”. Il y a un autre détail qui mérite d’être retenu, Lazare est couché à la porte du riche. Il y a donc un lien entre les deux hommes. Il y en a un qui est couché au travers de la route de l’autre, et l’autre ne le voit pas. Il ne l’a pas trouvé, il ne l’a pas rencontré. Et c’est là, qu’il a tout raté. Or, le jour vint où tout devient irréversible : la mort surprend le pauvre et le riche. Il ne faut pas penser maintenant que Jésus veut nous apporter des renseignements précis sur l’au-delà. Il ne veut pas nous effrayer avec un enfer futur où nous consoler avec un paradis à venir. Certes Jésus veut nous rendre attentif au futur mais en nous montrant le présent. Car, c’est là, dans le présent, que tout se joue. Le riche appelle Abraham et Lazare au secours, mais c’est trop tard. L’histoire définitive se fait ici-bas. C’est ici-bas, que nous sommes invités à me tourner vers Dieu, dans la repentance est dans la foi. C’est ici bas, qu’il peut y avoir pardon des péchés et conversion. C’est ici bas, que je peux écouter Moïse et les prophètes. C’est d’ici bas, que retentit la Parole de Dieu et son commandement de l’aimer de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée et d’aimer son prochain comme soi-même. C’est ici-bas que tout se décide. Le riche essaie de s’en sortir avec une ultime requête : “si quelqu’un des morts pouvait aller auprès de mes frères, il se convertiront et changeront de vie”. Mais cette demande aussi, Jésus la refuse. Non, même le retour d’un mort ne serait, dans ce monde, qu’une impression passagère qui n’augmenterait en rien notre disposition à écouter Dieu. Jésus donne donc une grande importance à notre vie terrestre. Nous avons la Parole de Dieu, nous avons donc tout pour mener à bien notre vie et pour nous préparer au royaume de Dieu. À travers cette parabole, Jésus ne nous apporte aucun enseignement sur l’au-delà. Bien au contraire, il nous montre que le sort de l’homme se joue ici et maintenant. C’est ici, et aujourd’hui, que notre vie peut changer, non pas devant un revenant, comme le riche l’a souhaité, mais dans l’écoute de la Parole de Dieu. Car, dans sa parole, Dieu a fait tout ce qu’il pouvait faire. Il a dit tout ce qu’il devait dire. Il est devenu Parole Vivante en Jésus-Christ. Rien de plus, ne pourra nous être donné. Le riche aurait eu chaque jour la possibilité de devenir “autre”, la possibilité de relever Lazare et de vivre pour lui et avec lui. Dans l’au-delà, ce n’est plus possible. Alors, ne perdons pas de temps. Faisant attention à notre conduite. Ne vivons pas comme des insensés. Sachons profiter du temps que Dieu nous donne. Oui, Seigneur nous te prions, donne-nous, de saisir l’absurdité d’une vie vécue loin de toi. Aide-nous à découvrir le mensonge et l’illusion des relations fondées uniquement sur le paraître et sur l’argent. Ouvre nos oreilles à ta parole, qui surgit  de “l’au-delà” de nous-même, car “l’au-delà” est déjà là, dans le présent que tu nous donnes à vivre.

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