Culte du dimanche 19 avril

Disponible en audio et en lecture.

A toi la gloire ô ressuscité…” ce chant résonne encore dans nos oreilles et nos cœurs… nous l’avons entonné dimanche dernier… mais voilà que la réalité d’un confinement qui se prolonge est toujours là, pesante, déroutante, difficile à vivre. Peut-être sommes-nous comme les deux disciples de Jésus, ils cheminaient de Jérusalem vers Emmaüs… leur chant à eux ressemblait à une longue plainte…. une plainte qui au fil de la marche se transforme en prière de plus en plus fervente, puisqu’un étrange compagnon de route vient les rejoindre… sa présence les éclaire, sa parole les réchauffe et leur donne envie de lui dire d’un même cœur : “Reste avec nous Seigneur…”  C’est ce compagnon fidèle, cet ami de longue date, ce marcheur que rien n’arrête, pas même la mort, puisqu’il l’a traversé victorieux… qui nous rejoint maintenant, il vient nous rassurer dans nos inquiétudes, il vient nous guérir de nos peurs, il vient nous offrir la force d’une présence capable de mettre nos cœurs en fête…

Avec le psalmiste nous plaçons notre espérance en Dieu Seigneur, tu es ma solidité, tu es ma force. Sur toi, je peux m’appuyer quand je suis faible ou que je ne vois pas clair, Toi, tu ne changes pas, même si moi, je suis ballottée par les flux et reflux de la vie, en toi, je demeure dans la confiance. Je ne perds pas pied dans l’instant présent. Je garde l’espérance dans l’avenir, dans l’inconnu et dans l’inattendu. Je t’aime mon Dieu, mon roc, ma forteresse !

Déposons maintenant nos fardeaux, nos soupirs, nos silences, avec foi et espérance dans l’amour de Dieu Dieu des promesses et des nouveaux  commencements, tu connais les difficultés de nos vies, nos déceptions et nos échecs,  de même que nos peurs et nos frilosités. Quand l’immobilisme et l’enlisement nous guettent, que ta parole éveille en nous le goût de nouveaux lendemains, qu’elle éclaire nos chemins. Donne-nous le courage d’aller de l’avant avec humilité, prêts à accueillir les surprises du chemin, ouvert à l’inattendu des rencontres, assurés de ta bienveillance et confiants en tes bénédictions. 

Au milieu du concert de mauvaises nouvelles que le monde m’envoie chaque jour,  il y a une musique douce à mon cœur, une mélodie chargée de tendresse et d’espoir : Ton message de Bonne Nouvelle. Tu me dis et redis chaque jour, que tu m’offres ta grâce et qu’il ne dépend que de moi de l’accepter. Tu me dis que ta justice est plus grande que celle des hommes. Tu me dis que ton pardon peut effacer toutes mes fautes, tous mes doutes, tous mes péchés. Mais moi, je me suis habitué tellement aux mauvaises nouvelles. Alors une partie de mon être résiste à ta générosité. Je flaire le piège, je cherche comment parvenir à être digne de ton amour. Pourtant, sans te lasser, tu me redis ; “C’est par la foi que tu dois vivre ! Fais-moi confiance, accepte ma justice, laisse-moi te faire grâce !” Viens au secours de mes doutes, Seigneur, donne-moi de vivre dans la joie et la reconnaissance de Ta Bonne Nouvelle.

PRIÈRE Père, devant toi, je me tiens en toute humilité comme un enfant devant son père. J’entends ta parole. Elle me fascine. Elle me nourrit. J’y trouve des raisons de vivre et d’aimer. Mais en moi, ça résiste. Sois patient avec moi. Dis-moi encore et encore les mots de l’amour. Parle-moi des nouveaux cieux et de la terre nouvelle. Raconte-moi l’humanité solidaire. Je sais que tu es mon chemin. Viens. J’attends ton souffle. Viens, je t’accueille avec joie et reconnaissance.

Comme texte de méditation nous lisons en Luc 24, les versets 35 à 48  L’évangéliste nous parle de deux disciples, l’un s’appelle Cléopas… ils sont dévastés par l’issue tragique de leur histoire avec Jésus, qui vient d’être crucifié, ils errent sur une route menant à Emmaüs, lorsqu’un homme vient à leur rencontre. Sa présence, ses paroles et ses gestes réchauffent leurs cœurs… ils reconnaissent en lui le Christ ressuscité…    au verset 35 nous lisons … Ils se levèrent aussitôt et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent les onze disciples réunis avec les autres, qui disaient : « Le Seigneur est vraiment ressuscité ! Il est apparu à Simon ! » Et eux-mêmes leur racontèrent ce qui s’était passé en chemin et comment ils avaient reconnu Jésus au moment où il partageait le pain. Ils parlaient encore, quand Jésus lui-même se présenta au milieu d’eux et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Ils furent saisis de crainte, et même de terreur, car ils croyaient voir un fantôme. Mais Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous troublés ? Pourquoi avez-vous ces doutes dans vos cœurs ? Regardez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi et voyez, car un esprit n’a ni chair ni os, contrairement à moi, comme vous le constatez. » Il dit ces mots et leur montra ses mains et ses pieds. Comme ils n’arrivaient pas encore à croire, tellement ils étaient remplis de joie et d’étonnement, il leur demanda : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui donnèrent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea devant eux. Puis il leur dit : « Quand j’étais encore avec vous, voici ce que je vous ai déclaré : ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les livres des Prophètes et dans les Psaumes, tout cela devait s’accomplir. » Alors il leur ouvrit l’intelligence pour qu’ils comprennent les Écritures, et il leur dit : « Voici ce qui est écrit : le Christ souffrira, et ressuscitera d’entre les morts le troisième jour, et l’on proclamera son nom devant toutes les populations, en commençant par Jérusalem ; on appellera chacun à changer de vie et à recevoir le pardon des péchés. Vous êtes témoins de tout cela. Et j’enverrai moi-même sur vous ce que mon Père a promis. Et vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez remplis de la puissance d’en haut. »

Prédication : Luc nous raconte trois récits d’apparition après la résurrection. Dans deux de ces récits, celui des disciples d’Emmaüs et celui d’aujourd’hui, Jésus termine la rencontre par une explication des Écritures afin que les disciples puissent comprendre ce qui se passe. «Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures.» Le fait qu’on soit présent à un événement ne veut pas dire que l’on ait  compris ce qui arrive. «Nous avons vécu l’expérience mais nous n’en avons pas saisi le sens.» pourrions-nous dire très souvent dans ce qui nous arrive… C’est ce qui se passe chez les disciples avec la mort et la résurrection du Christ. Ils ont vécu l’expérience mais, tout cela n’avait pour eux aucun sens, jusqu’à ce que Jésus leur ouvre l’esprit à l’intelligence des Écritures. Les disciples d’Emmaüs sont un bel exemple de ce phénomène de non-compréhension. Ils étaient présents à Jérusalem lors du procès, de la condamnation et de la mort de Jésus. Le matin de Pâques, ils ont rencontré les femmes qui avaient trouvé le tombeau vide. Ils savaient que Pierre et Jean étaient allés au tombeau et n’y avaient pas trouvé le corps de Jésus. Malgré cela, ils perdent toute espérance et décident de retourner dans leur village. Sur la route, Jésus se joint à eux mais, ils ne savent pas qui il est. Ils lui parlent de ce qui s’est passé à Jérusalem et de leurs espoirs déçus. Ce n’est que lorsque le Seigneur explique les Écritures et qu’il partage le pain avec eux qu’ils le reconnaissent et qu’ils comprennent le sens des événements. Le Christ ressuscité invite les croyants que nous sommes à lire les Écritures, pour mieux connaître Dieu et pour mieux comprendre le sens de notre vie. Les Écritures, nous aident à voir plus en profondeur. Elles s’adressent non seulement à notre intelligence mais aussi à notre cœur. «Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas !», disait Pascal. Là où nous ne voyons qu’une goutte d’eau, le chercheur et le scientifique y découvrent tout un monde de molécules, de bactéries, de vie microscopique. Là où nous ne voyons qu’une réalité journalière, le poète et l’artiste y voient un monde de beauté et de poésie. Les anciens disaient qu’il n’y a pas de chrétiens sans la méditation de l’Écriture. La Parole de Dieu doit devenir pour nous une nourriture de tous les jours. Nous en avons besoin pour affermir notre foi et retrouver le véritable sens de notre existence. Daniel-Ange, un auteur italien, disait : «La Parole de Dieu doit être goûtée dans le silence, creusée par l’étude, assimilée dans la prière, célébrée dans la liturgie, vivifiée dans la vie fraternelle, annoncée dans la mission… jusqu’à devenir notre langue maternelle.» La parole de Dieu peut éclairer l’ensemble de notre existence, avec ses joies, ses peines, ses espérances, ses découragements, ses limites, ses maladies et ses morts tragiques ou annoncées. La parole de Dieu devient alors, pour ceux qui savent la lire, une parole de sagesse, de consolation, de courage et de fraternité. Elle nous nourrit de jour en jour,  elle nous apporte la joie, la sérénité et la paix. Écouter la Parole de Dieu c’est s’ouvrir à elle de manière à ce qu’elle soit créatrice en nous, c’est entrer dans le grand cycle de la fécondité divine. Déjà le prophète Esaïe disait au sujet de cette Parole : «Comme la pluie et la neige descendent des cieux et n’y remontent pas sans avoir arrosé la terre, l’avoir fécondée et fait germer, pour qu’elle donne la semence au semeur et le pain comestible, de même la parole qui sort de ma bouche ne me revient pas sans résultat, sans avoir fait ce que je voulais et réussi sa mission». (Esaïe 55, 10-11) Dans nos rencontres communautaires du jour du Seigneur, y compris en ce temps de confinement où nous sommes éloignés les uns des autres, la parole de Dieu et le partage du pain, le jour où ce sera  à nouveau possible, rendent la présence du Christ agissante parmi nous. Que le Seigneur ouvre notre esprit et notre cœur à l’intelligence des Écritures, pour que rien ne nous fasse douter de sa volonté d’amour capable de faire de nous des témoins de joie, de liberté et d’espérance.

Confession de foi… Aujourd’hui mon Dieu, je choisis de croire en Toi… Chaque fois que je me sens seul(e) et perdu(e) Je choisis de croire en Toi, qui te donne par amour à chacun(e) d’entre nous Chaque fois que ton silence et ton absence me fait douter Mon Dieu, je choisis de croire en Toi, qui fait lever une aube nouvelle au bout de ma nuit Chaque fois qu’à mes yeux tout semble fichu Mon Dieu, je choisis de croire en Toi, qui sait retourner des situations perdues en nouveaux commencements Dans les moments sombres, désespérés ou triste de mon existence Fais-moi la grâce de pouvoir sentir et lire les signes qui feront jaillir l’espérance Mon Dieu, aujourd’hui, c’est décidé, je choisis de croire en Toi…

INTERCESSION  Face à tant de souffrances, dans ce monde fébrile et incertain, qui nous laissent sans voix, sans force, prions le Seigneur… Puisque tes bontés Seigneur ne sont pas finies, puisque tes tendresses ne sont pas achevées, que Ton Souffle ranime notre courage, que ton soutien nous rende plus fort, pour faire face aux difficultés. Qu’au milieu des bruits de ce monde, des doutes, des angoisses, nos cœurs restent sensibles au doux murmure de ta tendre sollicitude. Alors que tant de choses, tant de soucis, tant de situations personnelles se pressent à notre esprit, aide-nous à Te le confier… Nous ne voulons pas te cacher nos désarrois face aux brisures de ce monde, qu’elles soient dues à l’orgueil et à l’égoïsme, ou simplement à la fragilité et à la fugacité de toute créature mais nous accueillons aussi avec reconnaissance les signes de réconfort  que nous voyons dans le dévouement du corps médical et soignant qui s’investit sans compter pour sauver des vies malgré les risques pour leur propre santé. Souviens-toi Seigneur de ceux qui voient s’éloigner des proches par la maladie, les arrachant, quelques fois dans la force de l’âge, à leur affection. Aie pitié de ceux qui se lamentent de ne pas avoir pu les accompagner ni leur rendre dignement un dernier hommage. Nous, qui craignons les épidémies et les catastrophes naturelles, rends-nous attentifs à la destruction des ressources naturelles que nous exploitons au-delà des moyens de subsistance qui nous seraient nécessaires. Agis dans ce monde, Seigneur, convertis-nous à Ta volonté et fais de nous une famille solidaire et fraternelle, lorsque nous disons avec les paroles du Christ : Notre Père

BÉNÉDICTION  Et puisque, comme l’affirme le prophète, “La fidélité du SEIGNEUR n’est pas épuisée, sa compassion n’est pas à son terme ; elle se renouvelle chaque matin. » que cette proclamation nous ouvre aux paroles de bien et d’amour que Dieu dépose sur nous : Le Seigneur vous bénit et vous garde. Il remplira encore votre cœur de joie, d’espérance et d’amour afin que votre cœur déborde de reconnaissance, pour vous-mêmes et pour le monde en Jésus, le Vivant, et par le Saint Esprit qui donne et renouvelle la vie. Allez dans la paix, la lumière et la tendresse du Seigneur. Amen !

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