Culte du dimanche des Rameaux du 28/03/2021 – La fête des Rameaux et la vigne de Naboth

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En ce jour de la fête des Rameaux, tu nous accueilles dans ton Royaume. Tu fais de nous des enfants de lumière. Toi qui nous donnes tout, permets-nous de te glorifier et d’acclamer d’une seule voix et d’un seul coeur, ton nom adorable et splendide : Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

Louange

Gloire à toi, mon Dieu Que ton nom soit crié Par toute la terre ; Qu’il soit sur les lèvres des grands Comme limite à leur puissance. Gloire à toi, mon Dieu Que ton nom soit sur les lèvres Des humbles et des petits Qui n’ont pas le savoir Mais qui te connaissent, toi. Gloire à toi, mon Dieu Que ton nom soit murmuré Par ceux qui aiment, Et par ceux qui n’aiment plus Mais qui espèrent toujours l’amour. Gloire à toi, mon Dieu Que ton nom soit balbutié Par les lèvres des tout-petits Au regard innocent Et par celles et ceux Qui ont soif de justice. Gloire à toi, mon Dieu Que ton nom soit inscrit Dans le cœur de nos enfants Comme un signe de joie Au milieu des vivants.

Prière de repentance

Père, nous gardons le silence devant toi. Nous avons cru être justes par nous-mêmes. Nous n’avons pas laissé ton Esprit agir en nous. Nous n’avons pas été le reflet de ton image, le miroir de ta bonté et de ton amitié. Nous n’avons pas été tes serviteurs au sein de ta création. Nous n’avons pas été les artisans de ta réconciliation. Toutefois ô Père, nous te supplions, car nous désirons vivement t’être fidèles et marcher selon ta justice. Ne nous retire pas ton Esprit, garde nous aux côtés de ton Fils, et conduis-nous dans ce monde vers ton royaume. Amen

Déclaration du pardon

Le Seigneur Dieu est tendresse et pitié, patient et d’une immense bonté. Il ne fait pas constamment de reproches, Il ne garde pas éternellement rancune. Il ne nous a pas punis comme nous l’aurions mérité, Il ne nous a pas fait payer le prix de nos fautes. Sa bonté pour ses fidèles monte aussi haut que le ciel au-dessus de la terre. La bonté du Seigneur durera toujours.” Et voici une parole certaine que nous pouvons accueillir: “Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs.”

Prière avant de lire la Bible

Père, toi qui as parlé face à face avec Moïse, toi qui fis crier et pleurer les Prophètes, toi qui as fait jaillir les psaumes de ton peuple et murmuré la sagesse des proverbes, Dieu vivant, qui a mis le “Magnificat” dans la bouche de Marie et la confession du Christ dans celle de Pierre, Toi qui as prononcé ta Parole comme une parole humaine dans la vie de ton Fils, par ton Saint-Esprit, rends ces paroles vivantes en cette heure;qu’elles deviennent pour nous, ta Parole. Amen.

Lecture biblique

Marc 11, 1 à 11

Jésus entre dans Jérusalem1Quand ils approchent de Jérusalem, près des villages de Bethfagé et de Béthanie, ils arrivent vers le mont des Oliviers. Jésus envoie deux de ses disciples. Il leur dit : 2« Allez au village qui est devant vous. Dès que vous y entrerez, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le-moi. 3Si quelqu’un vous demande : “Pourquoi faites-vous cela ?”, dites-lui : “Le Seigneur en a besoin, mais il le renverra ici sans tarder.” » 4Ils partirent et trouvèrent un petit âne dehors, dans la rue, attaché à la porte d’une maison. Ils le détachèrent. 5Des gens qui se trouvaient là leur demandèrent : « Que faites-vous ? pourquoi détachez-vous cet ânon ? » 6Ils leur répondirent ce que Jésus avait dit, et on les laissa aller. 7Ils amenèrent l’ânon à Jésus ; ils posèrent leurs manteaux sur l’animal, et Jésus s’assit dessus. 8Beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin, et d’autres y mirent des branches vertes qu’ils avaient coupées dans la campagne. 9Ceux qui marchaient devant Jésus et ceux qui le suivaient criaient : « Hosanna ! Que Dieu bénisse celui qui vient au nom du Seigneur ! 10Que Dieu bénisse le règne qui vient, le règne de David notre père ! Hosanna au plus haut des cieux ! » 11Jésus entra à Jérusalem dans le temple. Après avoir tout regardé autour de lui, il partit pour Béthanie avec les douze disciples, car il était déjà tard.

Le roi Achab laisse assassiner Naboth, 1 Rois 21, 1 à 16

1Après ces événements, voici ce qui arriva : Il y avait à Jizréel un homme appelé Naboth ; il possédait dans cette ville une vigne, tout près d’un palais appartenant à Achab, roi de Samarie.

2Un jour, Achab dit à Naboth : « Cède-moi ta vigne, pour que je m’en fasse un jardin potager, puisqu’elle est juste à côté de mon palais ; en échange, je te donnerai une vigne meilleure, ou si tu préfères, je t’en payerai le prix. »

3Mais Naboth lui répondit : « Je n’ai pas le droit devant le Seigneur de te céder la vigne que j’ai héritée de mes ancêtres ! »

4Achab s’en retourna chez lui, amer et furieux à cause de cette réponse de Naboth : « Je ne te céderai pas ce que j’ai hérité de mes ancêtres. » Il se coucha sur son lit, se tourna contre le mur et ne voulut plus rien manger.

5Sa femme Jézabel vint le trouver et lui demanda : « Pourquoi es-tu de mauvaise humeur ? Pourquoi ne veux-tu rien manger ? » –

6« J’ai parlé à Naboth, de Jizréel, répondit-il ; je lui ai dit : “Cède-moi ta vigne contre de l’argent, ou si tu préfères, je te donnerai une autre vigne en échange”, mais il m’a répondu : “Je ne te céderai pas ma vigne.” »

7Jézabel lui dit alors : « Vraiment, tu oublies que tu es le roi d’Israël ! Relève-toi ! Mange et réjouis-toi ! C’est moi qui te donnerai la vigne de Naboth, de Jizréel. »

8Elle écrivit des lettres au nom du roi Achab, elle les marqua avec le cachet royal, et elle les fit porter aux anciens et aux autorités de la ville où habitait Naboth.

9Dans ces lettres, elle avait écrit ceci : « Convoquez la population à une cérémonie de jeûne, et demandez à Naboth de présider cette assemblée.

10En face de lui, placez deux vauriens, qui l’accuseront d’avoir maudit Dieu et le roi. Ensuite conduisez-le hors de la ville, et qu’on lui jette des pierres jusqu’à ce qu’il meure ! »

11Les anciens et les autorités de la ville de Naboth firent ce que Jézabel leur avait ordonné dans ses lettres.

12Ils convoquèrent la population à une cérémonie de jeûne et ils demandèrent à Naboth de présider cette assemblée.

13Les deux vauriens vinrent se placer en face de Naboth et ils se mirent à l’accuser devant tout le monde en disant : « Naboth a maudit Dieu et le roi ! »

On le conduisit hors de la ville, et on lui jeta des pierres jusqu’à ce qu’il meure.

14On envoya un messager informer Jézabel que Naboth avait été exécuté et qu’il était mort.

15Lorsque Jézabel apprit cela, elle dit à Achab : « Va prendre possession de la vigne que Naboth, de Jizréel, refusait de te vendre : il est mort ! »

16À cette nouvelle, Achab se rendit à la vigne de Naboth et il en prit possession

Prédication

Un crime assumé : la vigne de Naboth –

En ce jour des Rameaux où nous fêtons l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem quelques jours avant sa condamnation à mort, je voudrai réflechir avec vous sur le pouvoir du roi. Jésus n’est pas un roi ordinaire, c’est un roi dont le royaume n’est pas de ce monde. La foule du matin des Rameaux aclame-t-elle ce messie particulier ou un chef politique. Pourquoi cette même foule voudra le mettre à mort quelques temps plus tard.

Ce matin revenons un peu en arrière dans l’histoire, une autre histoire de roi, le roi Achab et l’histoire de la vigne de Naboth.

Nous sommes aux environs de 874-853 pendant le règne du Roi Achab et de la reine Jézabel en Israël.  Au début de notre récit, Achab est contrarié car ses plans d’alliance avec son ennemi le roi d’Aram, Ben Hadad, viennent d’être déjoués par le prophète Elie au nom de la fidélité au Dieu d’Israël (1 Rois 20.28-34). « Le roi d’Israël rentra chez lui, à Samarie, sombre et contrarié » (1 Rois 20.43). Si le roi n’est pas parvenu à faire valoir son autorité sur les affaires militaires et économiques de son royaume, au moins va-t-il parvenir à obtenir la vigne d’un dénommé Naboth qui jouxte son palais et ferait un très bon potager.

Le roi veut exproprier Naboth en lui proposant une vigne de meilleur rendement ou une somme d’argent en échange de celle-ci. 

Naboth refuse car c’est une terre qu’il a eu en héritage : « Que le Seigneur m’ait en abomination si je te cède l’héritage de mes pères » (1 Rois 21.3). Son attachement à sa terre n’est pas uniquement sentimental mais théologique. Quand on fait référence aux pères, on renvoie au don de la terre par Dieu. Dans ce lien d’héritage, c’est aussi de Dieu qu’il tient sa terre. S’il accepte l’échange proposé par le roi, il dépendra alors d’Achab. 

Pour la deuxième fois quelqu’un conteste à Achab son pouvoir de roi, au nom de la souveraineté divine. C’en est trop pour lui et il rentre dans une phase d’apathie. 

Cette première partie du texte nous interroge sur la question de l’origine du pouvoir et de la place de chacun dans le monde. Au nom de quoi le roi Achab peut-il conclure une alliance avec Ben Hadad ? Au nom de quoi (ou de qui) le roi Achab peut-il s’emparer de la vigne de Naboth ? Dans l’un comme dans l’autre cas, ses arguments peuvent être recevables. Dans l’un comme dans l’autre cas, il ne se situe que dans sa propre rationalité, n’imaginant aucune réalité supérieure englobante. Il ne comprend pas, par exemple, que la présence de Naboth sur sa terre ne répond pas à une logique de rendement et que sa terre lui est nécessaire pour inscrire son identité dans le monde.

Si Achab somatise et se résigne à cette blessure narcissique, il n’en va pas de même de sa femme, Jézabel, qui proteste de cet aveu d’impuissance : « Mais c’est toi qui exerces la royauté sur Israël ? » (1 Rois 21.7). Elle oublie évidemment de se demander de qui précisément il tient cette royauté.

Ce texte est un très bel exemple de ce que l’on pourrait nommer le conflit des nominations. Si Naboth reconnaît son impossibilité de céder sa vigne, c’est parce que quelqu’un d’autre l’a désigné sur cette vigne. Jézabel et Achab, par contre, ne reconnaissent aucune désignation extérieure et, pour eux, l’exercice du pouvoir répond au seul critère de leur volonté.

C’est précisément à cause de cette conception totalitaire du pouvoir que Jézabel va pouvoir construire un plan machiavélique qui aboutira à la lapidation et à la mort de Naboth. Elle utilise les pouvoirs du roi pour convoquer un tribunal et faire faussement accuser Naboth d’avoir maudit Dieu et le roi. Ce blasphème entraînera une condamnation à mort.

Sans aucune culpabilité, elle peut maintenant dire au roi que Naboth est mort et qu’il peut s’emparer de sa vigne. D’où vient précisément cette absence totale de culpabilité de la part de Jézabel ? 

  • Parce qu’elle ne voit le monde qu’à travers son propre prisme ?
  • Parce qu’elle considère que l’identité de roi et de reine ne lui donne que des droits ?
  • Parce qu’elle instrumentalise Dieu et les hommes ?

D’une manière générale, elle est dans un processus d’autojustification.

Notre société aujourd’hui exalte l’autonomie du sujet et rejette l’hétéronomie, comme la preuve d’une faiblesse honteuse. Elle pousse ainsi à ne juger nos actions qu’à l’aune de notre propre satisfaction et à considérer la culpabilité comme une tare dont il faut se débarrasser. En effet, on n’accepte plus le regard de Dieu libérateur sur notre culpabilité.

Ce jour des Rameaux, c’est un jour de libération pour nous, libérés de nos fausses certitudes et surtout libérés des de tous les pouvoirs despotiques, ne nous confessons qu’un seul Roi, c’est Jésus qui entre à Jérusalem, monté sur un ânon, le petit d’une anesse. Alléluia, le Seigneur est grand. Que le Seigneur vous bénisse.

Amen

Confession de foi

Eclairés et rassemblés par la Parole de Dieu, nous affirmons notre foi: Je crois que je ne puis, par ma raison et mes propres forces, croire en Jésus-Christ, mon Seigneur, ni venir à lui. Mais c’est le Saint-Esprit qui m’a appelé par l’Evangile, m’a éclairé de ses dons, m’a sanctifié et m’a maintenu dans la vraie foi, de même qu’il appelle, assemble, éclaire, sanctifie toute l’Eglise sur la terre et la maintient, en Jésus-Christ, dans l’unité de la vraie foi. C’est lui qui me remet, chaque jour, pleinement tous mes péchés, ainsi qu’à tous les croyants ; c’est lui qui, au dernier jour, me ressuscitera, moi et tous les morts, et me donnera, ainsi qu’à tous les croyants en Christ, une vie éternelle. Ceci, en toute certitude, est vrai.

Prière d’intercession

Nous te prions pour la paix. Une paix fondée sur l’amour en Christ. Que l’inimitié et la peur fassent place au pardon. Nous te prions pour que naisse en nous l’espérance. Une espérance qui jaillisse de la résurrection. L’espérance qui est en celui-là seul qui est venu et qui reviendra. Nous te prions pour recevoir le courage. Le courage de demeurer fidèles jusqu’au bout. Le courage de demeurer fermes quand le mal paraît triompher, et que les combats pour la vérité semblent perdus. Le courage de rebâtir quand tout s’écroule autour de nous. Le courage d’être un peuple pèlerin, en route vers l’inconnu, assurés que le chemin n’est pas caché pour Dieu. Le courage d’être le corps du Christ, de sorte que celles et ceux qui souffrent connaissent par nous la tendresse du Seigneur.

Nous te disons maintenant

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous soumets pas à la tentation mais délivre-nous du mal, car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen.

Envoi/bénédiction

“Allez et louez Dieu le Père de Notre Seigneur; dans sa grande bonté, il nous a accordé une vie nouvelle en ramenant Jésus-Christ de la mort à la vie. Vous avez ainsi une espérance vivante.”

Recevons la bénédiction de la part de Dieu :“Dieu vous bénit et vous garde ;Dieu tourne sa face vers vous et vous accorde sa grâce ; Dieu porte sur vous son regard et vous donne la paix.” Amen.

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