Culte du dimanche 21/03/2021 – La traversée du désert

Culte du dimanche 21/03/2021 – La traversée du désert Podcasts de l'Eglise Protestante Française au Liban

Préparé par le Pasteur Brice Deymié et lectures par le Conseil presbytéral. Exode 16, 1 à 5 — Send in a voice message: https://anchor.fm/eglisebeyrouth/message

La grâce et la paix soient avec vous, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. “ Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, dit Jésus-Christ, je suis au milieu d’eux. ” Et nous, Père, reconnaîtrons-nous ton Fils ? Nous voici, comme les disciples, assemblés pour écouter. Par ton Saint-Esprit, éveille notre intelligence et notre cœur afin que nous puissions recevoir la bonne nouvelle de ton amour. Amen. 

Louange

“Sans fin, Seigneur, je chanterai ton amour ; d’âge en âge, je proclamerai ta fidélité. Oui, je dis : ton amour est établi pour toujours et ta fidélité est plus ferme que les cieux. Les cieux célèbrent tes merveilles, et l’assemblée des croyants ta fidélité. Seigneur, Dieu de l’univers, qui est puissant comme toi ? C’est l’amour qui rayonne de toi ! Heureux le peuple qui saura t’acclamer. Tout le jour, à ton nom, il se réjouira. ” Amen

Prière de repentance et accueil du pardon

Assurés de l’amour de Dieu en Jésus-Christ, reconnaissons notre péché. Père, nous reconnaissons devant toi que nous ne sommes pas dignes de ton amour et nous confessons qu’il y a beaucoup en nous pour te déplaire: la tiédeur de notre amour, la faiblesse de notre foi, la pauvreté de notre service. 

Nous savons que tu nous aimes, ta Parole nous l’affirme: Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. Par ta grâce, tu es présent dans notre vie et dans le monde. 2 Accorde-nous ton pardon. Augmente notre foi; donne-nous confiance en toi ; appelle-nous à ton service. Nous te remercions et nous te louons car tu acceptes toujours de recommencer avec nous. 

Lecture biblique

Exode 16, 1 à 5

1Toute la communauté d’Israël quitta Élim ; le quinzième jour du deuxième mois après la sortie d’Égypte, ils arrivèrent au désert de Sin, situé entre Élim et le mont Sinaï. 2Là, dans le désert, les Israélites se remirent à protester contre Moïse et Aaron. 3Ils disaient : « Si seulement le Seigneur nous avait fait mourir en Égypte, quand nous nous réunissions autour des marmites de viande et que nous avions assez à manger ! Mais vous nous avez conduits dans ce désert pour nous y laisser tous mourir de faim ! »

4Le Seigneur dit à Moïse : « Du haut des cieux, je ferai pleuvoir du pain sur vous. Chaque jour les gens iront ramasser leur ration de la journée. Je vous mettrai ainsi à l’épreuve pour savoir si vous marchez ou non selon mon enseignement. 5Le sixième jour, quand ils prépareront ce qu’ils auront ramassé, ils trouveront le double des autres jours. 

Prédication

Un horizon et un avenir dans nos déserts ? 

Que pouvons nous dire aujourd’hui dans nos situations personnelles et difficiles de ce désir irrépressible de ne pas changer ? Comment pouvons-nous encore prendre des risques ? Nous jeter dans l’inconnu ? Mieux vaut encore ce qui est là ? Même si c’est plus un esclavage qu’une liberté ? 

Le peuple d’Israël pose cette question banale et essentielle à Dieu: Quand est-ce qu’on mange ? 

A peine sorti du pays d’Egypte où, depuis des générations, il croupissait dans l’esclavage, à peine tiré de là, il s’en prend déjà à Moïse. A peine traversée la Mer Rouge et avoir vu les prodiges se succéder en leur faveur, voilà qu’ils n’en veulent plus, les Hébreux, de cette histoire de Terre Promise doute serions-nous une grande majorité à rester dans ce qui nous est familier, si la vie elle-même ne nous poussait pas, le plus souvent sans nous demander notre avis, à changer, à grandir. Et parfois c’est difficile. Difficile de repartir à zéro et de tout devoir réinventer. 

Pour le peuple d’Israël aussi c’est difficile. Parce qu’ils n’en peuvent plus d’avoir si faim. Ils sont peut être délivrés de l’esclavage, mais être libres, ça ne nous passe ni la faim, ni la soif. Et autour d’eux, à perte de vue, ce qu’ils voient, c’est le désert. Alors ils murmurent, ils incriminent, ils s’en prennent à Moïse, et à son Dieu. Ah, si seulement ils étaient restés en Egypte. Ils auraient de quoi manger, de quoi boire.
Alors ? La liberté et la mort ? Entre la servitude confortable et la liberté difficile à assumer, entre Egypte et Canaan, il faut compter avec une troisième force: le désert. Et pas un petit safari sympathique, 40 années de désert, le temps d’une génération, le temps de tout un long et précieux apprentissage. C’est le temps qu’il faut pour le peuple pour tracer les plans d’une communauté libre. Pour passer d’une ère à l’autre, il leur fallait bien quelque chose comme une coupure, un passage, un sas: le désert. Un temps, un endroit où se laver. Où laisser tomber ce qui faisait d’eux des esclaves et qu’il fallait presque leur arracher. Alors dans ces conditions, faire peau neuve, ça fait mal. 

Pour changer en profondeur, pour accepter quelque chose qui nous arrive, il en faut aussi du temps, il en faut du désert. On dit d’ailleurs de quelqu’un qui passe une période difficile de sa vie qu’il fait “sa traversée du désert”. Et l’on s’ensable, et l’on se perd, et l’on ne voit pas le bout. 

Le désert pour le peuple n’est pas le lieu d’errement et de temps perdu mais d’abord lieu de transformation. Lieu où se mûrit et se construit la liberté. Et tout mûrissement s’opère à travers ce passage de désert. Et c’est dur et ça fait mal. 

Mais c’est justement la difficulté de ce passage qui me transforme en profondeur, qui change mon regard et mes sentiments. Ce passage me permet d’aller petit à petit au-delà de ce que j’ai perdu et de réaliser combien ma vie a gagné en profondeur et en sagesse. C’est l’expérience que vit le peuple, ce peut être aussi la nôtre. 

Nous le savons bien, nous aussi, combien il est parfois douloureux de changer et de grandir. Il y a le deuil, la perte. Et cette longue reconquête d’autre chose, d’un supplément de liberté et de mieux-être. Un supplément d’humanité. 

La traversée du désert est pour chacun d’entre nous une expérience spirituelle que Dieu permet que nous fassions parce qu’il sait que c’est ainsi que nous grandissons. 

Ce n’est pas une punition que Dieu nous envoie mais c’est une expérience de l’ordre de sa pédagogie. Pas plus qu’on ne peut retourner en Egypte, on ne peut pas non plus sauter directement d’Egypte en Canaan en faisant l’économie du désert. 

Le désert, notre désert quand nous le vivons, n’est pas une épreuve insupportable, punition de Dieu. le désert est un lieu nécessaire, un lieu où les choses se révèlent pour ce qu’elles sont en profondeur. C’est un formidable révélateur, c’est un faiseur d’authenticité et de vérité. 

Sans quoi la vie n’est qu’une traversée superficielle d’événements qui ne nous changent pas, c’est la succession des désirs immédiatement consommés et remplacés. Nous sommes en train de nous en apercevoir, en ces temps plus difficiles où la reprise se fait attendre. Si seulement cette traversée d’un certain désert nous modifiait et nous apprenait à vivre différemment. 

En somme nous ne devons pas demander à Dieu de nous épargner les déserts, ces moments vides et stériles de nos existences. Nous pouvons lui demander de ne pas nous faire passer par des lieux dont la traversée serait au-dessus de nos forces. 

Car Dieu ne fait jamais les choses. 

Dieu sait de quoi nous avons besoin. La destinée humaine est ainsi faite que, à travers tous les moments de la vie, qu’ils soient faits de plénitude ou de désert, nous avons à gagner notre stature pleinement humaine, c’est à dire de gens enracinés dans la foi qui peuvent dire de leur Dieu: je sais aujourd’hui Dieu me porte et je reconnais dans la foi comment il m’a conduit à être ce que je suis aujourd’hui. 

Pour le peuple d’Israël, au cœur du désert, il y a eu le Sinaï, cette montagne où Dieu se révèle. Pour nous aussi, il peut y avoir, dans nos déserts, un horizon et un avenir. 

Amen

Confession de foi

Nous sommes l’Eglise en ce lieu. Avec elle, nous affirmons notre foi : Nous croyons en Dieu qui a créé le monde pour que nous le cultivions et en célébrions la bonté et la beauté. Il est la source de vie. Nous croyons en Dieu qui a remis son pouvoir à Jésus le serviteur, mort et ressuscité pour le pardon et la liberté de tous les hommes. Il est le prix de notre vie. Nous croyons en Dieu qui, par son Esprit, nous unit à son Fils pour que nous combattions le mal et construisions une juste paix dans l’espérance de son Royaume. Il est le sens de notre vie. Amen. 

Prière d’intercession

Fais de nous une communauté plus fraternelle, qui sache mieux partager et mieux accueillir. Aide-nous à porter celles et ceux qui souffrent, les malades, les endeuillés et les révoltés, celles et ceux qui te cherchent, celles et ceux qui ont des responsabilités et tentent de construire un monde plus juste. Accorde-nous d’être les témoins de ta fidélité et de ton amour. Nous te prions aussi pour l’Eglise universelle: donne-lui sagesse et humilité lorsque sa place est reconnue, force et courage dans la persécution; réveille-la quand elle dort. Que le monde entier reconnaisse Jésus-Christ comme le Sauveur. 

Comme Jésus l’a enseigné à ses disciples, nous te disons :

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous soumets pas à la tentation mais délivre-nous du mal, car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen. 

Envoi/bénédiction

Que votre joie, vos actes et vos paroles disent votre espérance et soient promesses du monde qui vient.

Dieu vous bénit et vous garde dans sa paix. Amen. 

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