Culte du dimanche 20 Décembre

ACCUEIL  Alors que nous sommes réunis pour prier les uns avec les autres et que nous nous cherchons le calme et la sérénité pour avancer vers Noël, soyons attentifs à l’appel qui résonne en nous, chaque fois que nous délaissons le superflu pour nous tourner vers l’essentiel… un appel qui nous dit  : “Assieds-toi dans le silence… Quand l’avenir se dérobe, quand la marche en avant est pénible… Quand la tâche est immense et nos moyens si misérables. Quand viennent les heures où la lassitude nous gagne.  Dieu, notre ami est là et nous dit alors : « Arrêtes-toi pour reprendre des forces. Ne t’obstine pas ! Mets de côté la tâche à accomplir. Pense au réconfort. Fais une halte ». La prière peut être ce temps de halte et de repos, un temps pour reprendre des forces. Dieu nous redonne aujourd’hui l’énergie de vie, afin qu’elle surgisse dans nos existences, comme au matin de Pâques, où, du tombeau a surgi la vie, plus forte que la mort.

INTROÏT Seigneur, aujourd’hui je voudrais proclamer ton Nom, le proclamer comme un cadeau gratuit, sans mérite, offert à toutes et à tous. Je voudrais proclamer ton Nom, non comme une définition ou un dogme mais comme une Espérance déposée au creux de la vie. Comme un désir, comme un appel, comme une attente. Comme une souffrance, parfois… Aujourd’hui, je voudrais proclamer ton Nom Seigneur, et dans ce Nom sur mes lèvres, que tous mes frères et sœurs puissent toucher ta passion pour nos tentatives d’amour, même les plus désespérées. Dans ton Nom, qu’ils puissent clouer leurs souffrances secrètes, leurs rêves cassés et leurs plaies qui ne cicatrisent pas. Dans ton Nom, qu’ils puissent glisser leur mort et leur Espérance ! Dans ton Nom, qu’ils puissent moissonner et récolter leur avenir ! Oui, auj.  je veux proclamer ton nom, celui que tu annonces toi-même, à ceux qui se risquent vers toi.  Aujourd’hui, je proclame ton Nom, pour que chacun(e) puisse l’entendre, s’en réjouir, le répéter, le chanter, le crier, s’y accrocher, y puiser comme à une fontaine, et en VIVRE !    Charles Singer, Semailles

Et pour que la paix de Dieu vienne nous réconcilier avec nous-même, avec les autres, avec Celui qui nous aime, déposons nos vies pour que l’oeuvre de Dieu s’accomplisse en nous, à travers nous… Dans ces jours déroutants et si pleins d’incertitudes que nous vivons, où toutes sortes de menaces pèsent sur notre quotidien, Seigneur, nous voulons déposer devant toi, ce qui nous inquiète, ce qui nous pèse… Il y a la colère qui a fait sa place au gré des incompréhensions, Il y a la tristesse qui gagne quand les projets semblent s’arrêter, Il y a la peur qui envahit face à l’incertitude. Seigneur, tout cela nous voulons te le remettre. Apporte-nous un geste de paix pour que nos mains soient ouvertes, Apporte-nous un souffle de joie pour que nos regards s’illuminent, Apporte-nous une parole de confiance pour que nos cœurs soient sereins.

Et puisque nous avons à cœur d’être en paix avec Dieu puisque nous avons soif de vie nouvelle, d’un cœur généreux et confiant, célébrons sa Bonté et sa miséricorde… Car notre Dieu est un Dieu qui pardonne, Il redresse ce qui est courbé, Il relève celles et ceux qui chancellent… Lui qui est l’harmonie du monde, l’espace protecteur la lumière dans la nuit et la porte qui s’ouvre l’ami toujours présent et l’inconnu qui surgit Il est l’appel du malheureux et l’hôte qui accueille le souffle qui nous inspire et la vérité qui nous porte Il est le chemin qui fait naître l’espérance Oui, venez, chantons la Présence de Dieu celle qui résonne en nous, comme une douce musique qui nous comble de joie.

Et puisque nous voici réconciliés avec Dieu, écoutons comment il nous invite à marcher sur les chemins de son Amour… Accordez-moi votre attention et venez jusqu’à moi. Écoutez-moi, et vous revivrez. Tournez-vous vers le Seigneur, maintenant qu’il se laisse trouver. Faites appel à lui, maintenant qu’il est près de vous. Que l’homme sans foi ni loi renonce à ses pratiques ! Que l’individu malveillant renonce à ses méchantes pensées ! Qu’ils reviennent tous au Seigneur, car il aura pitié d’eux ! Qu’ils reviennent à notre Dieu, car il accorde un large pardon !

PRIÈRE Seigneur, au cœur de nos vies mouvementées, ce culte nous est offert pour reprendre souffle, pour prendre du recul, pour nous donner d’espérer. Donne-nous d’être disponible à nous-même et à ta présence, donne-nous d’être ouvert les uns aux autres. Crée en nous cet espace intérieur propice à l’accueil de ta Parole… qu’elle y pénètre et nous mette en route. Merci pour ce lieu où nous sommes attendus, Merci pour celles et ceux que nous y retrouvons Merci pour la joie de l’enfant, pour le sourire de l’ancien, pour le regard de mes soeurs et de mes frères. Merci pour les mains qui se tendent, pour les voix qui consolent, pour les regards qui relèvent, pour les bras grands ouverts. Rassemble-nous dans la joie et la paix de ton Amour.

Mat 1, 18-24     Voici quelle fut l’origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph; or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement; il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit: «Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire: «le Seigneur sauve»), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.»  Tout cela arriva pour que s’accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : «Dieu-avec-nous».  Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Message  :   Nous connaissons bien le récit de «l’annonce faite à Marie». Il a inspiré d’innombrables tableaux, mosaïques, fresques, sculptures et vitraux. Mais curieusement, «l’annonce faite à Joseph» est beaucoup moins connue. Joseph est un chef de famille, silencieux et efficace, toujours prêt à l’action. Dans l’évangile d’aujourd’hui, ce n’est plus la figure tragique de Jean Baptiste qui domine ce dernier dimanche avant Noël, mais la noble et paisible silhouette du charpentier de Nazareth. Joseph, homme de la nouvelle alliance, modèle de foi et de fidélité, il est celui qui «accueille la Parole» et se met au service de Dieu et au service des autres.

Tout d’abord, Matthieu nous parle de la grande souffrance de Joseph. Son projet de famille est brisé lorsqu’il apprend que sa fiancée est enceinte. Tout son rêve semble s’effondrer. Il est facile de comprendre la douleur qui se cache derrière la sobriété du texte de l’évangile. À contre-coeur, Joseph décide de renvoyer Marie. Cela signifie aussi qu’il renonce à être considéré comme le père de l’enfant. Mais Dieu lui demande de changer d’avis et de prendre Marie pour épouse. Dieu a besoin de lui et il lui confie une double responsabilité : prendre chez lui Marie et donner le nom à l’enfant, ce qui équivaut à en accepter la paternité. L’évangile ajoute : «Une fois réveillé, Joseph fit comme l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse». Dans l’évangile que nous lisons aujourd’hui, le nom de Joseph est prononcé quatre fois. Chef de famille, responsable du «petit groupe», il est au centre du récit. Mais dans ce texte où il a tant d’importance, il ne dit pas un mot. Lui qui est à l’avant-scène, lui à qui s’adressent tous les messages du ciel, il ne parle pas… il agit. Dans l’évangile d’aujourd’hui, Matthieu qualifie Joseph «d’homme juste» (Mt 1, 19). En langage biblique, le «juste» est la personne qui respecte Dieu, qui est soucieux de faire sa volonté. L’ange annonce à Joseph que son fils sera appelé “Emmanuel”, ce qui veut dire : “Dieu avec nous”. Matthieu commence son évangile avec ce «Dieu-avec-nous» et il le terminera de la même manière : «Voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin de monde». (Matthieu 28, 20) L’enfant à naître est annoncé comme «l’enfant-sauveur» (le nom Jésus signifie Dieu sauve). Or voilà, paradoxe étonnant,  qu’un pauvre homme et sa jeune épouse sont invités à sauver, cet “enfant-sauveur”. Paradoxe divin : Dieu, par son incarnation, s’est remis entre nos mains. Il ne se défend pas lui-même. Nous voilà en charge de  «sauver» Dieu !

Les enfants, toujours vulnérables, sont souvent livrés à l’arbitraire de la méchanceté des hommes. De nos jours, comme au temps de Jésus, ils sont souvent “une variable d’ajustement” que l’on sacrifie sans trop de scrupules, en tant de guerre . Les bombes téléguidées, les mines explosives, les balles perdues, responsables de ce que l’on appelle des «dommages collatéraux». C’est le prix à payer !

Joseph, homme de la nouvelle alliance, modèle de foi et de fidélité, est celui qui «accueille la Parole» et se met au service de Dieu et au service des autres. Dans les budgets d’État, les dépenses militaires ont souvent la priorité sur la nourriture, les soins médicaux, l’éducation. Au coeur de ce monde de violence et de rejet, Dieu a ménagé à son Fils un havre d’accueil, une oasis de paix et d’amour : Marie et Joseph, sa petite famille.

«Joseph se leva. Dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère et se retira en Égypte». Partir en pleine nuit, partir dans la foi. Il faut sauver l’enfant. Ce jeune couple, ce ménage livré à la précarité et à l’incertitude partage le sort tragique de millions de réfugiés, d’expulsés, qui fuient vers l’inconnu, chassés de leur maison par la guerre, la famine, le chômage, les dictateurs, les groupes ethniques dominants, les idéologies opprimantes. 

Trop de nos frères humains de par le monde pourraient se reconnaître dans les reportages de guerres, de persécutions politiques, de racisme, de misère, de famine… Les enfants-soldats, les enfants-travailleurs, les enfants esclaves… famille mutilées, divisées, sans espoir, celles qui doivent abandonner leur terre natale pour s’expatrier, là où on abusera d’elles sans vergogne. Heureusement, il y a Joseph qui accepte d’être le père et le sauveur de ce «Dieu-avec-nous». A travers l’annonce faite à Joseph, nous découvrons que Dieu est toujours avec nous. Il nous accompagne sur tous nos chemins, chemins de joie ou de peine, d’amour ou de haine, d’attachement ou de rejet. Dieu ne nous abandonne jamais… C’est ce que nous proclamerons dans quelques jours, en fêtant Noël : Dieu qui prend le visage d’un enfant démuni et fragile. 

Désormais, au cœur de l’obscurité, un nom est inscrit, un nom qui éclaire les chemins  où nous marchons : un nom au-dessus de tout nom : Jésus Christ. C’est lui notre Lumière, l’ami toujours présent, l’hôte qui accueille, le souffle qui inspire, la vérité qui porte, la force qui apaise, la présence qui soulage, la main qui bénit, il est notre terre d’espérance. Que les quelques jours que nous allons parcourir jusqu’au nouvel an et tous les autres à venir, soient baignés de cette clarté…  elle affermira nos pas et apaisera nos cœurs…

Et puisque nous voici nourris d’espérance et de foi, c’est en toute confiance que nous pouvons dire notre attende que nous plaçons en Dieu… Je crois en Toi, que nous nommons : Dieu ! Tu es ce quelqu’un au milieu de nous que nous connaissons si mal néanmoins Tu laisses voir la trace de tes pas dans notre humanité en devenir Tu fais entendre ta voix dans le peuple de tes témoins. Je crois en Jésus, le Fils de ton Amour, né au coeur de ton peuple. En lui, Tu t’es montré, Père, attentif et tendre, inquiet de notre bonheur, soucieux de notre liberté, bouleversé par nos faiblesses. En lui, Tu as manifesté la gratuité de tes dons. Il s’est donné jusqu’au bout, jusqu’à la croix et au-delà des ténèbres de la mort, Il a surgi à nouveau, offert à toutes et à tous comme un pain pour la route. En lui, Tu as révélé ton Souffle puissant, capable de soulever toute la pâte humaine, pour la mener à ses rêves les plus ambitieux. Je crois en Toi, Dieu-Amour parce que, Toi le premier, Tu crois en nous.

INTERCESSION Et pour la bénédiction de Dieu soit force et soutien pour chacun(e) de nous, prions encore les uns pour les autres…

Dans la confiance, simple et quotidienne, que tu fais renaître lorsque nous nous tournons vers toi, dans cette espérance enracinée en Toi, nous te prions pour nos frères et sœurs et pour le monde… Nous te prions pour ceux qui ont perdu espoir, ceux qui ont perdu courage devant les épreuves, pour ceux qui se sentent abandonnés de tous et aussi de Toi, pour ceux à qui on a présenté une image tellement déformée de Toi qu’ils Te rejettent. Que chaque être humain sur cette terre puisse découvrir en Toi l’amour véritable, un amour désarmé et désarmant. Nous te prions pour les jeunes en études, qui vivent difficilement ce temps de confinement et d’isolement, pour ceux qui cherchent un emploi sans succès et qui ne trouvent que des portes fermées, pour ceux qui ont soif d’aventure, d’émotions fortes, d’engagement et qui sont désabusés par le monde qu’ils voient autour d’eux, pour ceux qui se laissent entraîner dans des voies de violence, d’addiction, d’emprise. Place autour d’eux des personnes bienveillantes et encourageantes, lumineuses.

Nous te confions ceux qui travaillent pour combattre l’exclusion, l’injustice, la pauvreté : les aidants, les soignants, les solidaires, les militants, les écoutants, ceux qui luttent, tout en voyant le dérisoire de leurs efforts devant l’immensité des besoins, Montre-nous que chaque geste compte, et multiplie par ta Grâce nos capacités et nos actions limitées.  C’est en toute confiance, que nous te disons maintenant les paroles que nous avons reçu du Sauveur : Notre Père…


BÉNÉDICTION     Soyons bénis au nom de Jésus-Christ. Que sa paix nous habite. Que sa force nous porte. Que son amour nous guide. Que le Dieu tout-puissant en amour nous bénisse et nous garde, Qu’il fasse rayonner sur nous son visage, et nous donne sa paix ! Amen

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