CULTE du Dimanche 15 mars

Ecoutez (ou téléchargez) et lisez le culte retranscrit ci-après.

Préparé par Evelyne Schaller

Bonjour chers amis, étant empêchés de nous rencontrer ce matin, au collège protestant, que ce culte diffusé sur WhatsApp nous aide à demeurer en communion de prière et de foi, en ces temps d’épreuve et d’incertitude, où plus que jamais, nous avons besoin que Dieu nous fortifie par sa Parole et nous garde vigilant dans la prière. Nous sommes  dans le Temps du Carême. Un temps de 40 jours avant Pâques. Un temps symbolique, qui évoque les privations et de difficultés du peuple de Dieu alors qu’il est délivré de l’esclavage en Egypte et qu’il chemine vers la terre promise. 40 ans de traversée du désert ! 40 jours de tentation aussi, pour Jésus avant d’entamer sa mission ! Vivre ce temps du Carême, pour nous, c’est faire comme une traversée du désert. Un temps à part, où l’on médite le chemin singulier que le Christ a parcouru. C’est aussi nous souvenir que les promesses de Dieu ne sont pas écrites sur du sable mouvant, mais qu’elles ont été accomplies, et qu’elles vont s’accomplir encore. Que ce temps de culte qui nous rassemble, malgré la distance qui nous sépare, aujourd’hui soit un temps de bénédiction, de ressourcement et de communion.

Nous prions avec les paroles du Psaume 18. Le Seigneur est mon roc et ma forteresse. Il est mon Dieu et mon libérateur. Le Seigneur est la retraite où je trouve refuge. Il est la montagne de mon salut et la forteresse qui m’abrite. Dans ma détresse j’ai invoqué son nom, j’ai appelé Dieu à mon secours, il a entendu ma voix. Il a répondu à mes appels au secours. Oui, le Seigneur est mon rocher, la pierre sûre où je peux poser mes pas.

Nous déposons maintenant nos vies devant Dieu, pour qu’il nous délivre de tout ce qui nous pèse et qui assombrit nos vies… Ces 40 jours de carême nous rappellent les 40 ans qu’il fallut au peuple de Dieu pour le rencontrer, l’écouter, être traversé par sa Parole. Cela évoque aussi les 40 jours que Jésus passe au désert ainsi que  le jour où, Dieu a dit à son peuple : « je vais te conduire au désert, et je vais parler à ton cœur ».

Qu’est ce que le désert ?

L 1 Quand je dis « désert », je pense : « sable », je pense à la mer, aux grains de sable sur la plage, à la promesse faite à Abraham, d’une descendance aussi nombreuse que les grains de sable. Alors je regarde autour de moi. Avec qui suis-je lié ? Quelle est mon humanité ? Quelle promesse de Dieu me fait vivre et espérer ?

L 2 : Quand je dis « désert » je pense: « poussière », je pense d’abord à la terre, qui nous porte, et dont notre vie a été tirée. La vie de l’homme est tirée de la poussière. Elle retournera un jour à la poussière. La poussière, c’est celle aussi qui encombre nos chemins, celle qui vient gripper les rouages de nos vies, là où ça grince, là où ça se fige et ça freine le déploiement de la vie.

L3 : quand je dis « désert », je pense “marche”, marche sur un chemin difficile, aride, périlleux. Comme dans nos vies, où il nous faut balayer la poussière qui recouvre les sentiers quelquefois abruptes où nous avançons et où il s’agit de désencombrer nos cœurs, de raviver la  flamme de l’Esprit en nous et dégager le passage pour que Dieu puisse venir jusqu’à nous.

Faire Carême, c’est alors, prendre le temps de compter les grains de sable, qui sont autant de promesses de Dieu ; c’est prendre le temps de nettoyer la poussière qui s’est accumulée devant notre porte et dans nos cœurs, pour faire place nette, pour nous préparer à la rencontre avec le Ressuscité.

Prions : En ce temps de Carême, je te confie ce qui a besoin d’être ôté, pour déblayer mon chemin vers toi, je te confie ce que j’ai besoin de déposer entre tes mains pour que tu t’en préoccupes. Tu vois le sable mouvant, prêt à m’emporter,  tu vois les pierres qui obstruent le passage vers une relation apaisée et sereine avec toi. Prends tout, Seigneur. Ouvre mes mains pour que je lâche prise. Reçois tout ce que je dépose maintenant à tes pieds

Recevons maintenant la Parole de Grâce capable de relever nos vies…

L1 : Aujourd’hui, devant la porte de nos déserts, nous venons pour nous dépouiller de tout ce qui nous paralyse et nous encombre.

L2 : Comme l’ont fait les Israélites qui ont fui l’esclavage d’Egypte, nous voulons nous défaire du levain, ce symbole du mal qui s’infiltre dans nos coeurs et contamine nos vies.

L3 : Dans ce chemin du désert qui mène de l’esclavage à la liberté nous choisissons de revenir à toi notre Dieu, afin de suivre Celui qui nous mène à la Vie

Dieu en Jésus Christ reçoit notre prière, il nous accompagne, il nous aime et nous dit : « Viens, je vais te conduire au désert, et je vais parler à ton cœur ».

Nous ouvrons maintenant la bible et dans le 1er livre des Rois 19.4-8 nous lisons : Elie, le prophète, marche pendant une journée dans le désert. Il s’asseoit sous un petit arbre. Il a envie de mourir et il dit : « Maintenant, SEIGNEUR, c’est trop ! Prends ma vie ! Je ne suis pas meilleur que mes ancêtres. » Ensuite, il se couche sous le petit arbre et il s’endort. Mais un ange vient le toucher et lui dit : « Lève-toi et mange ! » Élie regarde : près de sa tête, il y a une galette cuite sur des pierres chauffées et un pot d’eau. Il mange, il boit et se couche de nouveau. Une deuxième fois, l’ange du SEIGNEUR vient le toucher. Il lui dit : « Lève-toi et mange, car tu dois faire un très long voyage. » Élie se lève, il mange et boit. Cette nourriture lui donne des forces. Alors il marche 40 jours et 40 nuits jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu.

Prière pour que Dieu ouvre nos cœurs à sa parole : Seigneur notre Dieu, alors que nous venons vers toi pour que nous soyons nourris d’une Parole d’espérance, ouvre notre cœur et notre intelligence à ta Présence qui nous rassure et nous éclaire, dans notre marche sur les chemins de la foi. Amen,

Prédication : Elie vient de réaliser quelque chose de grandiose : il a montré la puissance du Dieu auquel il croit face aux prophètes qui adoraient le Dieu Baal, en faisant tomber sur eux le feu du ciel. C’est un héros ! Mais la reine Jézabel, en apprenant ce qui s’est passé, en veut à sa vie. Alors, Elie entre au désert. Pour lui, le désert est le lieu de la fuite ; c’est la peur qui l’y a conduit. Il fuit pour sauver sa vie, mais en arrivant au désert il se sent complètement découragé et se couche sous un genêt pour attendre la mort. Il fuit la menace de mort qui pèse sur lui et soudain , accablé, c’est l’envie de mourir qu’il rencontre au désert. Le désert est le lieu où l’on déserte. Le lieu où l’on abandonne. Elie n’est pas un héros. C’est un déserteur. Nous avons tous nos déserts : des déserts physiques, et des déserts intérieurs. Ce sont parfois des lieux de refuge où l’on peut être seul, se retrouver soi-même : une pièce de la maison, au calme. Parfois aussi le fond de son lit, ou simplement ses mains, dans lesquelles on pose sa tête pour pleurer. Ce sont parfois des émotions, intérieures : le sentiment d’impuissance, la peur, la tristesse, la souffrance. Dans ces déserts, on est seul avec soi-même, et alors ce qui nous emplit devient encore plus grand : si c’est un bonheur qu’on vit, le désert est le lieu où on peut le savourer, s’en imprégner totalement ; si c’est une souffrance qui nous oppresse, ou une angoisse qui nous étreint, le désert nous rend encore plus seuls, encore plus démunis. Le désert est le lieu du silence et de l’absence. L’absence de sens, le silence de Dieu. Le Carême est aussi ce temps de désert : un temps où l’on fait silence, où l’on fait l’expérience de l’absence de Dieu.

Elie, découragé, se laisse complètement aller, se couche sous un genêt, prêt à laisser filer sa vie. Il fait l’expérience de cette absence, de ce silence. Il ne marche plus, il renonce. Il n’a même plus l’envie de demander à Dieu son aide. Il veut se laisser mourir. Et ce qui est étonnant, ce n’est pas ce que Dieu fait, mais ce qu’il ne fait pas : pas de bon conseils ; pas non plus de reproches. Elie veut se coucher et dormir, alors Dieu le laisse s’endormir. Il ne lui demande pas d’être un héros. Elie a le droit d’être effrayé, d’être découragé. Il a le droit de se coucher par terre et de dire « Je n’en peux plus. » Mais si Dieu ne demande pas à Elie d’être un héros, il ne le laisse pas non plus dépérir sous son genêt. Au contraire : il envoie un ange, qui le touche. 
Avez-vous déjà été touché par un ange ? Chacun s’est sans doute couché un jour, comme Elie, à même le sol, avec ce sentiment d’être à bout de forces, que rien ne valait la peine de souffrir autant, que votre chemin était derrière vous. Nous qui continuons à écouter la Parole de Dieu, nous nous sommes donc relevés… Avec nos propres forces ?  Ou avec l’aide d’un ange, quelle que soit la forme qu’il ait prise pour nous toucher et nous aider à vous remettre debout ?… Moi, des anges m’ont touchée. Quelques fois parce que j’ai crié à Dieu et demandé qu’il me vienne en aide. Le plus souvent lorsque je n’avais rien demandé du tout…
L’ange touche le prophète et lui redonne les forces qui lui manquaient : de l’eau et du pain. Pas seulement quelque croûton rassis et un peu d’eau de pluie dans une feuille de cactus. Non, la table est mise ! Voici  une galette cuite sur une pierre, et de l’eau dans une cruche. Dieu prend soin de nous et nous donne, non pas le minimum qu’il faut pour survivre, mais ce dont nous avons besoin.
Mais après avoir mangé, Elie se recouche. Toutes ses forces ne reviennent pas en un clin d’œil. Il faut du temps pour se reconstruire. Il faut du temps pour se remettre d’une marche au désert. Il faut du temps et du repos. Et l’ange revient. Et Elie mange une seconde fois. Alors il comprend. Il comprend que le but de sa marche au désert n’était pas de mourir sous ce genêt. Que Dieu ne l’a pas conduit dans ce désert. Qu’il ne doit pas rester ici, mais que le chemin continue. Que l’aventure de sa vie n’est pas terminée. Qu’on l’attend au-delà du désert.
Elie se remet en marche. Ce n’est pas gagné. C’est encore le désert. 40 jours et 40 nuits. Mais comme il est facile de marcher vers l’espérance !… Marcher sans but, marcher pour fuir ou marcher vers l’abandon, c’est épuisant, on arrive vite au bout de ses forces, au bout de soi-même. Mais marcher vers la vie, vers la sortie du désert, vers l’oasis ou le sommet de la montagne, voilà une route qu’on suit sans hésiter, malgré les difficultés. Lorsqu’on arrive au sommet de la montagne, comme Elie qui se rend sur le Mont Horeb, on n’est pas au bout de ses forces, mais au bout de ses peines. Ce n’est pas la fin, mais c’est un nouveau départ. Amen


Et puisque la Parole de Dieu est une Parole qui redresse et qui nous rend la vie, disons-lui notre joie et notre espérance à travers cette CONFESSION DE FOI… Je t’aime mon Dieu, mon roc, ma forteresse ! Tu es ma solidité et ma force. Sur toi, je peux m’appuyer quand je suis faible ou quand je ne vois pas clair. Tu ne changes pas, même si moi, je suis ballotée par le flux et le reflux de la vie. Je t’aime mon Dieu, mon roc, ma forteresse ! En toi, je demeure dans la confiance. Je ne perds pas pied, quand des obstacles viennent se mettre en travers de mon chemin. Je garde l’espérance dans l’avenir, dans l’inconnu et dans l’inattendu. Je t’aime mon Dieu, mon roc, ma forteresse !


Et pour que notre prière s’élargisse aux dimensions du monde entier, c’est en communion avec le peuple chrétien répandu sur toute la terre que nous INTERCÉDONS les uns avec les autres…  Seigneur, tu es le même, hier, aujourd’hui, éternellement. C’est pourquoi nous te louons, pour le témoignage unique que nous apporte  Jésus le Christ, notre compagnon de route. Par lui, nous savons que tu restes avec nous, au-delà des temps et des âges, au-delà des espaces, au-delà de toute épreuve, et dans la vie de chacun(e) C’est pourquoi nous voulons déposer devant toi, Seigneur, les soucis, les questions et les détresses des hommes. Nous te prions pour ce monde inquiet, démuni, qui doit faire face, ces jours-ci à une épidémie qui perturbe le cours des choses. Soulage les malades, soutiens celles et ceux qui les soignent et qui s’exposent pour contenir la propagation du virus. Aide tous ceux qui s’emploient à trouver un remède efficace pour guérir ce mal. Donne à ceux qui gouvernent sagesse, courage et discernement pour donner priorité à ce qui oriente la marche de l’histoire vers un monde plus humain, plus fraternel, plus respectueux de la création. Veille sur notre église, qu’en ce temps de dispersion, nous restions unis dans la prière, le désir de vivre en ta Présence et d’être témoin de ton amour. Bénis chacun(e) d’entre nous, dans sa tâche quotidienne… que ta force, ta joie, ton amour éclairent nos routes et prépare nos lendemains. Notre Père

Bénédiction Dieu nous dit : Je vais te conduire au désert, et je vais parler à ton cœur. Laissez-vous conduire au désert, c’est là que l’Eternel notre Dieu veut nous rencontrer. Que le Seigneur nous bénisse et nous garde. Qu’il tourne son visage vers nous et parle à notre cœur. Qu’il soit l’horizon de notre marche, l’eau qui étanche notre soif et le pain qui assouvit notre faim. Que nous soyons rassasiés de sa présence. Qu’il nous conduise, sur ce chemin, dans la foi, l’amour et l’espérance. Amen.

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