CULTE du dimanche 22 mars

Ecoutez et suivez le déroulé du culte ci-dessous.

C’est une expérience inédite et inattendue que nous vivons ces jours-ci. Elle concerne une grande partie de la population mondiale. Les frontières s’effacent, frontières des nations, des peuples, des classes, des âges. Tout est arrêté et pourtant la vie continue. Des sentiments mêlés se bousculent en nos cœurs. Une certaine angoisse, pour nous, celles et ceux que nous aimons, que nous côtoyons. L’obligation de fermer nos lieux de cultes qui en temps ordinaires sont des lieux ouverts d’accueil et de fraternité, nous privant d’un rendez-vous important. Le sentiment d’un ennemi invisible, insidieuse qui n’a pas dit son dernier mot. Le côté imprévisible quant à la durée et la gravité de ce qui peut encore survenir. C’est avec tout cela que nous venons maintenant nous présenter à Dieu en lui demandant de nous bénir et de nous accompagner.

La Grâce et la Paix nous sont données de la part de Dieu notre Père, en Jésus le Christ, qui nous invite maintenant, malgré la distance qui nous éloigne les uns des autres, à prendre du temps, celui de la Rencontre, de l’Amitié, du Partage, de la Prière… Un temps mis à part, pour lui parler et l’écouter; Que ce culte soit un temps précieux pour lui confier nos vies et recevoir sa parole de paix. Que sa joie nous habite, que sa présence nous éclaire.

Présentons-nous maintenant à Dieu dans la confiance de celles et ceux qui se savent aimés, accueillis et accompagnés…. au Psaume 9

Mon cœur déborde de gratitude, merci mon Dieu. Je n’aurais jamais fini d’en raconter à ton sujet. Je tressaille de joie. mon bonheur, c’est Toi. Je chante ton Nom sur tous les chemins. Toi l’au-delà de tout. Les forces de l’ombre n’ont aucun pouvoir à la clarté de Ton visage. Tu as pris ma cause en mains. Tu as pris la défense de mes droits. Toi seul Seigneur, Tu n’es pas provisoire. Tu es un rempart pour l’opprimé, un abri pour toute détresse. Ils le savent tous ceux qui se jettent dans tes bras. As-tu jamais déçu ceux qui T’ont fait confiance ? Chantez pour Dieu. Racontez aux quatre coins du monde, ce qu’Il a fait pour vous. Tressaillez de joie en sa présence.

Et pour que nous retrouvions le chemin de l’apaisement et de la confiance en Dieu, offrons à Dieu notre faiblesse, déposons devant lui ce qui nous pèse..

Seigneur, nous nous tenons devant toi, tels que nous sommes, avec nos appréhensions et nos peurs, avec les incertitudes du lendemain avec la crainte de ne plus savoir où nous allons, avec ce qui nous empêche de faire pleinement confiance à ta Parole. Nous déposons tout cela, en te priant de nous manifester encore et encore, ta tendresse qui nous fait vivre et espérer. Apprends-nous à ouvrir nos mains et nos coeurs, à tout ce que tu nous offres en JC pour que nous retrouvions la simplicité des enfants qui ne doutent de rien. Apprends-nous à nous accueillir les uns les autres, dans l’élan d’une prière qui rassemble et ouvre un espace de communion où Toi-même tu peux prendre toute ta place et nous redire combien tu nous aimes.

Que l’amour de Dieu, manifesté en J C nous donne maintenant d’accueillir sa grâce comme une bonne nouvelle capable de renouveler nos vies…

C’est l’ap Paul qui le déclare : “Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature” Cette promesse est pour nous, lorsque nous doutons sur nos chemins, lorsque nous nous sentons indignes, lorsque nous plions sous la routine et la difficulté de la vie. Cette nouvelle création n’est pas le fruit de nos repentirs et de nos efforts, elle est l’oeuvre du Seigneur crucifié et ressuscité, Lui qui demeure chaque jour à nos côtés, quoiqu’il arrive, jusqu’à la fin des temps.

Prions encore pour que la Parole que Dieu nous donne soit une Parole de vie et d’amour…

Notre Dieu, C’est ta présence que nous te demandons, non seulement pour cet instant de prière, mais pour toute notre vie. Nous avons besoin de sentir que tu es là, que tu nous accompagnes, que nous ne sommes pas seuls, abandonnés à nous-mêmes. Donne-nous de porter dans nos cœurs ta lumière et ta chaleur. Donne-nous les forces nécessaires pour affronter la dureté de la vie. Dans les difficultés et les épreuves, apporte-nous ton courage et ton réconfort. Que ta Parole nous rassemble maintenant, qu’elle réchauffe nos cœurs qu’elle illumine les chemins où nous marchons. Au nom de Jésus-Christ, Amen.

LECTURE BIBLIQUE  : Jean 3, 14-21

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ; ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu.

Jean 3, 14-21

PRÉDICATION Pour bien comprendre le sens de ce passage très dense de l’évangile de Jean, il faut le remettre dans son contexte. Cela se passe de nuit. Un des chefs religieux d’Israël est venu trouver Jésus clandestinement. Il s’appelle Nicodème, et il semble poursuivre à haute voix sa réflexion personnelle en disant : «Tu es sans doute un envoyé de Dieu, puisque tu fais des miracles étonnants». Jésus va lui dire simplement cette phrase qui le désarçonne : «Personne, s’il ne naît de nouveau, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu». Nicodème ne comprend pas, et Jésus se moque gentiment de lui, avant de lui dire le vrai sens de sa mission : s’il est venu sur la terre, c’est parce que Dieu aime le monde. Il aime profondément ce monde, et il se tue, littéralement, à le montrer. Et pour faire comprendre cela à Nicodème, homme de grande culture juive, il va prendre l’image du serpent de bronze.

Il fait donc référence à un épisode de la longue marche du peuple hébreu dans le désert. Ce peuple qui a été tiré de l’esclavage, qui a passé la mer Rouge, voilà qu’il marche depuis des années. Bien sûr, il touche chaque jour du doigt la bonté de Dieu à son égard, puisque Dieu le nourrit, lui donne chaque jour la manne, mais enfin, cette promesse d’une terre, on est loin d’en voir la réalisation. On tourne toujours en rond dans ce désert ! Il y a la lassitude, la fatigue, il y a ceux qui meurent. Si bien que le doute s’insinue dans leur esprit: “Est-ce que ce Dieu qui nous a libérés est vraiment bon ? Est-ce qu’il nous aime ? Est-ce qu’il est avec nous ?” Et comme du doute à la révolte, il n’y a qu’un pas… ils vont franchir ce pas, sous l’influence de quelques meneurs. La révolte engendre la répression : ce sont des serpents qui envahissent le camp et dont la morsure est mortelle. Alors tous crient vers Moïse et lui demandent d’intervenir auprès de Dieu. C’est alors que Dieu dit à Moïse de couler dans le bronze un serpent et de le placer au sommet d’un poteau. Quiconque sera mordu par les serpents n’aura qu’à regarder vers le serpent de bronze, et il sera sauvé.

Jésus reprend cette image du serpent de bronze pour dire le sens de sa mission : Dieu «se tue» à manifester au monde son amour, et il le fait en étant comme le serpent de bronze, quand Jésus, élevé sur un poteau de bois, donnera sa vie. Il suffira de regarder vers le crucifié pour être assuré du salut. Ce serpent du désert est à la fois image de mort et signe de vie. C’est aussi le serpent de l’histoire des origines, qui introduit le doute dans l’esprit de l’homme «Mais est-ce que vraiment Dieu nous aime ?»  L’homme et la femme qui ont tout pour être heureux au milieu du cosmos dont ils sont les gérants se disent un jour : «Ce n’est pas possible ! Dieu n’est pas si bon que cela ! C’est un Dieu pervers, il ne veut pas notre bonheur, il est jaloux de notre liberté». Le doute s’introduit dans leur esprit, et, du doute à la révolte, il n’y a qu’un pas. Il y a donc tout cela, à travers l’image du serpent évoquée par Jésus, qui ne cesse de le redire à temps et à contre-temps : «Si je suis venu dans ce monde, c’est pour que vous soyez profondément persuadés que Dieu vous aime, chacun de vous personnellement, même si vous êtes le dernier des derniers, le plus grand pécheur. Dieu vous aime, comme il aime toute l’humanité, comme il aime tellement ce monde qu’il a créé ».

Cela veut dire, pour nous aujourd’hui, des choses importantes. Et d’abord, est-ce que nous, nous aimons ce monde ? Dans nos liturgie du dimanche nous disons : “nous croyons en Toi…” C’est facile de croire en ce Dieu qui aime le monde quand tout va bien dans notre vie. Mais le jour où nous rencontrons la souffrance, la maladie, le vieillissement, la perte d’un être cher, une épidémie qui se propage en ignorant les frontières et qui nous révèle notre vulnérabilité et les limites de ce que nous maîtrisons, c’est bien plus difficile de continuer à dire : «Dieu aime ce monde. Dieu m’aime profondément». Et si nous aimons ce monde comme Dieu l’aime, il n’est pas possible de toujours regarder en arrière en disant : «Ah, le bon vieux temps !». Nous aurons alors à cœur de vivre l’aujourd’hui de Dieu en accueillant chaque journée qui nous est donnée comme une grâce, en la vivant le mieux possible, en cherchant à y faire oeuvre utile, qui s’inscrit dans la logique du règne de Dieu.

Et il y a plus que cela : si nous sommes à l’image de Dieu qui aime ce monde et qui aime les hommes, nous ne pouvons pas ne pas tenter nous aussi, du mieux que nous pouvons, d’aimer ce monde, nous ne pouvons pas passer à côté de nos frères, indifférents à leur sort. Nous ne pouvons pas nous désolidariser de ceux qui luttent et qui contribuent à l’enfantement d’un monde plus humain et fraternel.


Prions ensemble… Ton Évangile, Seigneur, nous ne le recevons pas comme une source d’information quelconque, mais comme une Parole vivante qui nous transforme de fond en comble. Toi qui aime tant ce monde, au point de nous donner Jésus Christ, à travers qui, les pauvres retrouvent leur dignité, les prisonniers sont libres, la lumière est rendue aux aveugles et le précieux cadeau de la libération est offert aux opprimés, donne-nous d’être témoins de cet amour, dans l’aujourd’hui du monde. Libère nos coeurs inquiets, rends-les contagieux de cet amour. Mets sur nos lèvres un chant nouveau plus fort que le tintamarre de ce monde déboussolé et en panne d’espérance. Un chant qui redonne l’envie de vivre, d’espérer et d’accueillir la nouveauté de chaque jour que tu prépares, où se cache le trésor le plus précieux à désirer, celui de ton Amour.

Et puisque notre Dieu est un Dieu d’espérance qui nous appelle à tenir ferme dans notre confiance, proclamons notre foi chrétienne… 

Nous croyons en Dieu. Il est la source, l’être et le but de toute chose, l’Esprit qui anime tous les vivants. Nous sommes les disciples de Jésus qui vivait de la présence de Dieu et la révélait aux hommes. Né par amour, il a vécu par amour, a souffert par amour, est mort par amour. Mais l’amour est plus fort que la mort. Nous voulons suivre la loi de l’Amour, tel que Jésus nous l’enseigne, avoir nous aussi de la compassion pour tous les êtres, vivre et œuvrer en communion avec tous les hommes de bonne volonté, pardonner et recevoir le pardon, célébrer Dieu et nous réjouir en lui, toute notre vie.

En ces temps difficiles où plus que jamais c’est de solidarité humaine que nous avons besoin pour tenir le coup et vaincre l’adversité, unissons-nous dans la prière d’intercession qui nous proches les uns des autres ainsi que de tous ceux qui ont besoin de secours et de soutien…

Seigneur notre Dieu, dans ce monde  qui nous déroute et nous fait peur certains jours… préserve-nous d’être accablés, maintiens vivante en nous, l’espérance que Tu es là,  que nous ne sommes pas seuls, livrés à nous mêmes. Nous te prions pour des jours meilleurs, où la crainte de la maladie n’enferme pas dans la solitude, où le souci des plus fragiles nous font changer nos manières de vivre et de penser, où la peur du lendemain ne nous empêche pas de vivre pleinement le moment présent. En ce temps de confinements, rends-nous imaginatifs pour ne pas perdre le fil de la relation à l’autre, afin de faire naître des sourire sur les lèvres, malgré les distances qui séparent. Nous prions pour ceux qui luttent d’arrache-pied pour offrir aux soignants des remèdes qui guérissent, pour ceux qui prennent des risques afin d’être aux côtés de ceux qui sont en détresse et de sauver des vies menacées par la maladie. Rends-nous imaginatifs pour que cette épreuve que nous traversons ensemble nous engage à bâtir un monde moins égoïste, plus attentif aux faibles, conscient de sa vulnérabilité et prêt à capitaliser les richesses immatérielles que sont la générosité, le souci de l’autre, l’attention porté au respect du vivant. Bénis chacun(e) dans son quotidien impacté par la crise sanitaire, donne courage, persévérance et force nouvelle pour aller de l’avant dans les chemins où tu nous précède. C’est fort de ton amour et de l’écoute bienveillante que tu nous offres que nous te disons ensemble   NOTRE PÈRE

BÉNÉDICTION Allons en paix, frères et sœurs, dans ce monde si difficile à habiter, ce monde aux possibilités étonnantes mais qui semble avoir perdu la tête. Chaque jour, laissez-vous guider par Dieu. Laissez-vous surprendre lorsqu’il frappe à votre porte. Il vous conduira, il orientera vos choix. Il apaisera vos craintes, il inspirera votre parole et vos actes et vous aidera à rester debout dans l’adversité. Et que votre Dieu vous donne la paix, la joie et le courage d’être. Lui qui est Père, Fils et Saint Esprit.

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