Culte de Pentecôte

Culte en écoute et en lecture

ACCUEIL « Je te donne une orange … disait un jour un catéchète à son élève, si tu me dis où est Dieu ! » Et l’élève de lui répondre : « Je vous donne deux oranges si vous me dites où il n’est pas ! » Pentecôte, c’est le don de l’Esprit Saint, c’est la présence de Dieu offerte à tous. Nous sommes accueillis par Dieu alors que nous faisons une halte pour lui parler de nous, de nos vies et pour le célébrer. Nous sommes accueillis par le Christ qui nous envoie désormais pour témoigner de ce qui nous anime et nous rempli d’espérance. Et ce qui nous anime, c’est cet Esprit de Dieu : force dans nos faiblesses, joie dans notre quotidien et inspiration pour marcher au pas de Dieu. 

LOUANGE :  Ce jour-là, une parole de plein vent a retenti. C’est parti comme un feu de broussaille. C’est parti comme un bruit qui gonfle, qui éclate et qui bouleverse tout. C’était le bruit d’une Parole, une parole en feu, une parole de plein vent. Tout a commencé dedans, à l’intérieur, derrière les murs, derrière les verrous, derrière les peurs. D’un seul coup, ils se mirent à parler une Parole qui enflamme. Ils ont ouvert la fenêtre et le vent s’est engouffré, le vent qui soulève les questions et les protestations, le vent qui soulève les peuples. Ils sont rentrés dehors, ils se sont retrouvés à la rue,  ils se sont retrouvés sur le pavé. La foule montait comme la mer et devenait un grand livre ouvert. Ils étaient tous là, tous ceux qu’on n’avait pas invités, tous ceux qu’on aurait préféré voir ailleurs. Ils se sont mis à parler comme on parle au grand jour. Ils ne parlaient pas les langues étrangères, non mais ils parlaient couramment la langue du respect de l’autre. C’était l’Église qui parlait la langue des gens. C’était une création, une Pentecôte. Jean Debruynne

Pour accueillir ce Souffle que Pentecôte, qui vient renouveler notre être tout entier, déposons nos vies devant Dieu  :  Seigneur Dieu, aux jours de désert intérieur, lorsque les mots sonnent creux et que la parole manque de relief, quand notre cœur nous accuse… Enracine en nous un souffle neuf ! Aux jours de lassitude, lorsque la vie nous épuisen aux jours de solitude, lorsque le chemin vers les autres est difficile, quand notre cœur nous accuse…  Enracine en nous un souffle neuf ! Aux jours de maladie, lorsque notre corps se dérobe et que nous demandons pourquoi, quand notre cœur nous accuse…  Enracine en nous un souffle neuf ! Aux jours de ruptures et de déchirements, lorsque la culpabilité dévore… quand notre cœur nous accuse…  Enracine en nous un souffle neuf !

L’Eternel dit : « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon Esprit en vous,  vous  serez mon peuple et je serai votre Dieu. » (Ez 36,26-27) Viens, Esprit de Dieu, Viens, Esprit de sagesse et d’espérance, fais jaillir l’éclat de ta splendeur Viens, Père des pauvres, Viens, lumière des cœurs,  fais jaillir l’éclat de ton Amour Viens, Esprit de vérité, Viens, Esprit de force et de puissance, qui agit en secret dans le monde, fais jaillir l’espérance.

Dieu de bonté ouvre mes oreilles que je perçoive ta parole, que je l’entende avec mon cœur et que je m’en laisse transformer. Par ton Esprit Saint, rends-moi capable de redresser et d’encourager : que mes paroles soient des paroles créatrices de relation, des paroles de guérison et de consolation, de libération et de réconciliation, des paroles capables d’ouvrir des horizons neufs, et de permettre à tous de saisir combien leur vie est précieuse et unique. Béni sois-tu pour ta parole qui nous nourrit : parole d’amour et parole de confiance. Que ton Esprit la garde en notre cœur et la mette au cœur de notre existence. 

Jean 20, 19-23   Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des autorités juives, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d’eux et il leur dit : « La paix soit avec vous. » Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie. Alors, à nouveau, Jésus leur dit : « La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »

PRÉDICATION Aujourd’hui, en ce jour de Pentecôte, Jean, dans son évangile, nous présente le Christ derrière des portes closes, offrant sa paix et son souffle de vie. La Pentecôte a lieu «le premier jour de la semaine». Ceux et celles qui lisaient ces textes connaissaient le langage biblique et savaient que ce premier jour célébrait la nouvelle création, le monde nouveau offert grâce à la venue de Jésus-Christ. Jean utilise le langage connu par les chrétiens de son temps pour exprimer cette renaissance : «Il répandit sur eux son souffle». Ceci rappelle le texte de la création d’Adam quand Dieu «insuffla une haleine de vie à l’homme qui devient un être vivant». (Genèse 2, 7)  Il fait aussi allusion au texte du prophète Ézéchiel dans le cimetière des os desséchés: «Viens des quatre vents, Esprit de Dieu, souffle sur ces morts pour qu’ils revivent». (Ézéchiel 37, 6)

 La Pentecôte, c’est la fête de la vie nouvelle, la fête de la deuxième chance. Les apôtres n’avaient pas tenu leurs promesses, ils avaient manqué de fidélité et d’amitié envers Jésus. Effrayés, Judas a trahi, Pierre a renié trois fois, tous ont pris la fuite. Ils avaient bien besoin d’être pardonnés, d’être renouvelés. Jean nous dit qu’ils étaient enfermés dans la maison et que toutes les portes étaient verrouillées. Ils étaient paralysés par la peur.  Ils se sentaient coincés et ne voyaient pas d’issue possible.

En cette fête de la Pentecôte, l’Esprit Saint leur dit qu’il existe une sortie, une issue possible, une perspective d’avenir. Le Christ vient avec sa paix, il souffle sur eux et leur donne la force de son Esprit. Les portes verrouillées s’ouvrent et un vent de fraîcheur les invite à sortir au grand air. Ils peuvent alors communiquer avec tous les humains de la terre. La Pentecôte, c’est l’envers de la Tour de Babel où les peuples étaient dispersés sans pouvoir se comprendre. Ici, ils sont réunis et chacun «déconcerté et émerveillé, comprend l’autre dans sa langue maternelle».

Pour ceux qui vivent dans des pays aux hivers longs et rigoureux, le printemps peut être une belle image de ce que l’Esprit peut faire en nous. Alors que tout laisse à penser que la nature est morte et que rien ne pourra lui redonner la vie… il suffit d’un peu de soleil printanier, de la chaleur d’un mois de mai pour que la vie éclate de nouveau avec une force extraordinaire. L’Esprit peut être notre propre printemps et faire revivre en nous ce qui semblait mort et desséché. La fête de la Pentecôte offre à chacun de nous l’occasion de renouveler notre relation avec Dieu et avec les autres. C’est le temps d’un nouveau commencement : «Je vous enverrai mon Esprit et vous vivrez de nouveau». L’Esprit nous invite à revivre, à nous développer, à grandir. Nous devons refuser d’être des hommes et des femmes bonsai, tout petits, rapetissés, ratatinés ! Nous devons refuser d’être comme l’aigle de basse-cour d’Antony DeMello : Un fermier avait trouvé, tout en haut dans la montagne, un oeuf d’aigle. Il fit éclore l’aiglon dans son poulailler où le petit oiseau apprit à manger du grain, à voleter sur quelques mètres, à oublier son envie de conquérir les grands espaces… Un jour il vit un grand oiseau qui planait majestueusement très haut dans le ciel. Il demanda à une poule plus âgée quel genre d’oiseau c’était. «Ah ça, c’est un aigle. C’est un drôle de phénomène. Il vole seul, très haut, pendant des heures et des heures. Il est tellement différent de nous. Il vaut mieux ne pas penser à ce genre d’énergumène !” L’aiglon oublia le grand oiseau et continua à vivre comme les poules. Nous, les chrétiens, sommes invités à voler plus haut, dans la pleine liberté des enfants de Dieu, à ne pas nous contenter d’une vie médiocre, au raz le sol ! En nous donnant son Esprit, le Christ ouvre les portes verrouillées de nos peurs et nous envoie dans notre milieu de vie où nous nous efforçons de créer un monde meilleur, un monde plus humain et plus fraternel.

CONFESSION DE FOI Béni soit le Seigneur Dieu, Créateur du ciel et de la terre,  Lui qui donne et conserve la vie au monde, qui nous aime et nous fortifie. Béni soit Jésus-Christ, le Sauveur du monde, qui nous a donné sa vie et partage notre vie, Il nous aime et nous guérit. Béni soit le Saint-Esprit, guide et soutien de l’Église,  qui éclaire pour nous l’Évangile, qui nous console et nous donne la joie. Béni soit Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, Lui qui aime et sauve le monde, Lui qui nous accompagne et nous fait avancer sur les chemins de son Amour.  

INTERCESSION : En ce jour de Pentecôte, nous sommes dans la joie Seigneur, Tu viens renouveler nos vies, Tu nous donnes Ton Souffle, qui nous inspire et suscite au plus profond de nos coeurs cette prière qui fait de nous tes enfants : Viens, Esprit-Saint, toi qui donnes la paix. Viens, Esprit-Saint, toi qui construis la communauté. Viens, Esprit-Saint, toi qui nous donnes du courage. Viens, Esprit-Saint, toi qui nous consoles. Viens, Esprit-Saint, toi qui nous donnes l’espoir. Viens, Esprit-Saint, toi qui nous inspires l’enthousiasme. Viens, Esprit-Saint, toi qui nous pousses à nous ouvrir aux autres. Viens, Esprit-Saint, toi qui tisses les liens de l’amitié. Viens, Esprit-Saint, toi qui donnes à toute chose couleur et vie, aide-nous à nous rassembler,  rends-nous fiers de t’appartenir et joyeux de vivre en ta présence. Viens toi-même intercéder en nous pour les êtres qui souffrent… Pour les êtres qui blessent et qui détruisent,

Pour les êtres dont l’humanité est en danger… Ô Dieu, donne souffle à notre prière, alors que nous te prions, au nom de Jésus Christ, en te disant : Notre Père

BÉNÉDICTION Croire l’incroyable, Espérer envers et malgré tout. Se remettre debout, avancer, Remplir son sac à dos, à ras bord de confiance, d’impertinence et de liberté. Relativiser, pardonner, un jour peut-être même… oublier. Sourire, rire de soi, vivre comme si l’on était déjà ressuscité, Ne plus avoir peur, dormir en paix, se réveiller joyeux. Je vous souhaite tout cela pour ce jour et pour demain. Que ton Esprit, Seigneur, Élargisse notre cœur Qu’il l’ouvre à toutes celles et ceux que nous allons rencontrer. Que ton amour porte en nous des fruits de bénédiction. Allons dans l’amour du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen

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